Rue perpendiculaire à la villa à Kigali

Accueillis comme des rois à Kigali au Rwanda

Je débute aujourd’hui une série d’articles concernant mon voyage au Rwanda. Il s’agit d’un voyage fait pour des raisons personnelles au départ. En effet, j’ai tout simplement été invité au mariage d’une amie à Kigali. Pour être franc, au départ j’avais vraiment envie d’être présent… mais je me disais pourquoi au Rwanda ? A part pour les évènements tragiques qui l’ont secoué dans les années 1990, on n’en entend jamais parlé, il ne doit rien n’y avoir à faire, ni à voir… Je cherchais donc au départ une solution pour rejoindre la Tanzanie ou le Kenya dès la fin du mariage.

MEA CULPA ! Le Rwanda m’a mis une claque et énormément surpris ! J’espère que ce que je vais partager avec vous, vous donnera envie de le découvrir par vous même. Ce pays est plein de richesse : une histoire forte marquée par la colonisation et le génocide, des paysages très variés sur un petit territoire pourtant, une flore et une faune sauvages exceptionnelles… et surtout les Rwandais ! Par leur accueil, leur joie de vivre, ils m’ont donné une belle leçon de vie, notamment quand on découvre la manière dont ils se sont relevés de l’horreur. Parti un mois jour pour jour après les attentats de janvier 2015, tout ceci a donc eu un écho particulièrement fort en moi, à une époque où de plus en plus de courants politiques ou religieux veulent de nouveau sélectionner les personnes pouvant vivre ou non sur un territoire.

Ainsi, j’ai donc voulu commencer mon récit concernant mon voyage au Rwanda par vous raconter tout simplement mes premiers instants dans ce pays. Effectivement, voyager dans ce contexte a l’avantage de permettre d’être très facilement en contact avec la population locale, et donc de découvrir plus facilement la mentalité et les coutumes africaines. D’autant qu’il s’agissait de la première fois que je posais le pied en dehors de l’Europe.

Accueillis comme des amis, voire des rois

Premier pied posé en dehors de l’Europe, et pourtant je suis déjà accueilli comme un ami. Enfin si on oublie le douanier qui ne voulait pas nous laisser rentrer sans avoir l’adresse de l’appartement où nous devions loger. Il a insisté pour avoir au téléphone le marié qui avait réservé pour nous. Bref si vous allez au Rwanda, soyez bien à jour dans toutes les démarches nécessaires, car ce pays est le plus sécuritaire d’Afrique ce qui est au final plutôt rassurant. Mais bon ce n’est pas gênant d’attendre dans un pays où la température est agréable toute l’année : 24-25° tous les jours de l’année.

Une fois ce petit contretemps passé, nous avons pu constater une constante du voyage… Le non respect des horaires ! On a beaucoup rigolé avec les locaux sur le sujet. En effet, contrairement à nous européens qui sommes souvent speed, stressés, les yeux sur notre montre… Les Rwandais sont tout en décontraction et retard 🙂 ! Ainsi, quand on vous dit une heure, il faut toujours ajouter 30 min à 1 heure.

Par contre, l’accueil a été très surprenant. Notre réflexe a été de tendre la main aux gens alors qu’eux nous ont pris dans les bras en nous enlaçant très chaleureusement. Les gens sont là bas très tactiles et affectueux. Même les hommes peuvent se prendre plus facilement dans les bras pour se saluer. Mais le meilleur restait à venir pour moi (oui car je suis assez gourmand en général) ! Une partie de la famille avait passé une partie de la journée à cuisiner pour nous 🙂 Plein de nouveaux plats à goûter : bananes cuites en sauce, poisson aux épices, brochettes, patates douce, manioc, riz, salade d’avocats… D’ailleurs des plats qu’on retrouvera tout au long du voyage. En effet, le Rwanda étant enclavé, beaucoup de produits sont importés et extrêmement chers dans les magasins (même pour nous européens). Ainsi, les Rwandais se nourrissent quasi exclusivement des productions locales. Ainsi, il est fréquent de trouver des restaurants avec buffet chaud et froid où se trouvent ses différents plats… pour moins de 2€ ! Toutefois avant de déguster tout cela en ce premier jour, il a été nécessaire de traverser une bonne partie de la ville en taxi.

Première traversée de Kigali

Dès la sortie du parking de l’aéroport, le dépaysement est total… En dehors de l’aspect visuel de cette poussière orange qu’on retrouve un peu partout, les rues sont remplies de vie et très animés. Il y a beaucoup de piétons partout, de moto taxi, de mini bus… et tout simplement de voitures. A peine un kilomètre en voiture et voilà que le chauffeur de taxi double quelqu’un par la gauche en frôlant le fossé : « Euh mais où je suis atterri ? ». Puis je comprends très vite que le klaxon ici n’est pas une fonction réservée pour les cortèges de voitures les jours de mariage ou de match de foot ! A chaque intersection ou carrefour, la priorité est à celui qui klaxonne le premier 🙂

Bien que tout cette animation me surprend et m’amuse à la fois, je ne manque rien de ce que je peux voir par les fenêtres du véhicule. Kigali étant à une altitude moyenne de 1545 mètres et s’étalant sur plusieurs collines, il y a toujours un angle de vue où l’on peut voir relativement loin. Ici s’entassent les petits immeubles avec des commerces au rez de chaussée, très souvent aux couleurs d’une marque de bière ou d’un opérateur téléphonique, des bâtiments plus modernes (des ambassades, un centre de convention, des tours de bureaux), et en allant en périphérie on trouve de nombreux lotissements avec des pavillons ou pour les plus pauvres des paillotes au toit de tôle.

En s’éloignant du centre, les rues perpendiculaires sont très souvent en terre de couleur ocre. Justement, notre chauffeur finit par emprunter des rues non bitumées pour nous amener à la maison que les mariés ont loué pour nous. Un petit pavillon dans un quartier populaire. Par exemple, il n’y a pas d’eau courante c’est le gardien de notre habitation qui va jusqu’à un point d’eau pour remplir notre réservoir. Ah oui car pour 500 € pour 3 semaines, nous avons une maison avec 4 chambres à lit double, 3 salles de bains, une cuisine, un salon avec salle à manger, une terrasse et un gardien 24h/24. Il vit avec nous, il est chargé de nous ouvrir et de fermer le portail à toute heure également. Les mariés ont également embauché une femme de ménage (20€ pour 3 semaines) logée avec nous se chargeant du ménage, de préparer les repas, faire la vaisselle, les courses, les lits… Je vous avoue que ceci a été très déconcertant car je n’ai pas l’habitude de me faire servir et j’étais un peu gêné. Mais impossible de lui en faire part, car elle ne parlait que le kinyarwanda.

Ce qui est surprenant dans ce pays c’est que de nombreuses choses sont très modernes et d’autres encore très bricolées. Un exemple pour illustrer cela : les coupures d’électricité sont assez fréquentes. En même temps quand on voit les nombreux câbles pendant aux poteaux électriques des fois. Ainsi, un soir, quand nous sommes retrouvés à nouveau dans le noir, nous avons cru que le réseau avait encore sauté dans tout le quartier. Mais en regardant par la fenêtre, on s’est aperçu que les voisins avaient de la lumière. C’est à ce moment là que j’ai découvert le fonctionnement du réseau électrique ! En fait, l’électricité est prépayée et notre forfait était arrivé à son terme. Pour remettre le courant à 23h30 en France c’est totalement impossible de joindre le service client EDF… Ici il suffit d’un téléphone et il est possible de payer via un site son électricité. J’ai ensuite tapé un code sur le compteur et dans la seconde tout s’est rallumé: MAGIQUE !

Premiers pas seul dans Kigali

Avec un tel accueil, je me suis senti en sécurité dès les premières minutes et je suis donc allé me promener dans les rues autour de la maison. Ce qui m’a frappé le plus, c’est le nombre d’enfants dans les rues. En ce début de soirée, je pense qu’ils sont de corvée pour d’aller au point d’eau. Certains me sourient ou me saluent. On est loin de l’image qu’on nous rapporte souvent de l’Afrique où quand un occidental sort tous les enfants viendraient lui réclamer une pièce. Les Rwandais ne sont pas ainsi.

Tellement en confiance dans ce pays que le matin je décide de me lever tôt et d’aller courir dans les rues à 6h30 car il fait déjà jour. En ce mois de février, le Rwanda n’ayant qu’une heure de décalage avec la France, le jour se lève assez tôt mais il fait nuit également plus tôt. Quoiqu’il en soit durant ce footing, il y a toujours autant d’enfants et les gens me sourient. Certains me saluent ou même m’encouragent. Je croise à l’aller une quarantaine d’hommes réunis à un carrefour, je ne comprenais pas ce qu’il attendait. A mon retour, ils ont entamé un footing en chantant tout en chœur ! Leur chant raisonnant sur toute la pente de la colline. Bref c’est bien évidemment avec un grand sourire aux lèvres que je suis retourné à la villa.

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Mickaël Jacinto
contact@travelsandfriends.com

Voyageur régulier souhaitant partager avec vous les images et récits de ses aventures aux 4 coins du monde !

5 Commentaires
  • Henri De Vrin
    Posted at 23:38h, 16 novembre

    Merci pour cet article. J’ai habité (et travaillé) à Kigali de ’92 à ’98. J’ai beaucoup regretté de devoir rentrér en Belgique. Je souhaite y retourner bientôt, peut-être en 2017 ou 2018.
    Un magnifique pays qui s’est – heureusement – extrèmement bien développé après les évènements de ’94.

  • Cha
    Posted at 18:20h, 17 novembre

    Yeahhh !!! Voilà une jolie première description !! Ou tu inclus tes talents de sportif en plus… 😉

  • Mickaël
    Posted at 15:37h, 18 novembre

    « Talent » est sûrement un bien grand mot 😉

  • Mickaël
    Posted at 15:38h, 18 novembre

    D’accord, il est certain que vous n’avez pas vécu là-bas dans la période la plus facile. Tout comme vous, j’ai adoré ce pays est j’ai pour projet d’y retourner plus longtemps car une semaine, c’est vraiment trop court !

    • cialis Preis costco
      Posted at 09:10h, 31 décembre

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