Lac Myvatn - road trip Islande

La région très active du lac Myvatn et Godafoss

Arrivés très tard au bord du lac Myvatn, nous avons mangé après minuit. Comme toujours, nous avons eu du mal à ne pas vouloir tout manger dans le même repas… Nous faisons toujours 3 repas dans un seul repas durant ce voyage. Pour une fois, nous avons bien fait car la nuit qui nous attend est très fraiche ! D’ailleurs, j’en profite pour vous dire que les campings islandais n’ont rien à voir avec les français. Bien souvent, il n’y a personne et il suffit de glisser de l’argent dans une tirelire. Ceci marche beaucoup à la confiance. Pour une fois, il s’agissait d’un vrai camping. Bien que nous ayons monté nos deux tentes à côté du 4×4, diner et petit déjeuner dans la cuisine, utiliser les douches et toilettes… Personne ne sait aperçu de notre présence, c’est nous qui sommes allés en partant demander à payer ! Une fois cette tâche accomplie nous avons pu aller nous promener aux nombreux points d’intérêt entourant le lac. En effet, il s’agit d’une zone géologiquement active. Donc on y trouve des champs de lave, un centre d’expérimentation pour utiliser la chaleur du sol, un cratère avec un lac, des usines d’électricité géothermique, un très beau bain chaud en plein air, une faille sismique, une grotte… Bref il y a de quoi s’occuper en faisant de petits sauts de puces entre les lieux. Le principal point commun est que la région a une forte odeur de souffre.

Une région formée par l’instance activité du Krafla

En effet, quand je vous dis que cette zone est très active, il faut savoir que ses dernières éruptions ont seulement eu lieu il y a une trentaine d’années. Elles étaient tellement puissantes que le ciel de Reykjavik, pourtant à 400 km, prenait des reflets rouges ! Ainsi certaines coulées de lave autour du volcan sont encore chaudes actuellement. Ce volcan est loin de rentrer en sommeil puisque sa chambre magmatique à la particularité d’être très proche de la surface. Pour preuve un forage l’a atteinte en creusant seulement à 2,1 kilomètres.

Cette proximité du magma et l’importante chaleur qui s’en dégage a permis de réaliser la première usine géothermique à grande échelle de l’Islande. Une construction d’ailleurs gênée par les éruptions successives du Krafla dans les années 1980. Cette usine est en fait un véritable laboratoire pour faire progresser la recherche concernant la production d’électricité par géothermie. Même si le procédé est relativement simple, il a besoin d’être optimisé. Pour être bref, il s’agit d’injecter de l’eau dans le sol. Arrivée à une certaine profondeur, la chaleur est telle que l’eau remonte sous forme de vapeur et permet de faire tourner des turbines. Pour nous être approcher d’un forage, nous pouvons vous confirmer que la puissance dégagée est vraiment très impressionnante. Quel vacarme lors de l’expulsion de la vapeur. Et encore nous nous sommes approchés uniquement d’un tout petit puit expérimental, sans comparaison avec ceux utilisés par l’usine. En tout cas, le paysage donne vraiment l’impression d’être sur une colonie sur une nouvelle planète.

Le volcan Krafla permet donc aujourd’hui de produire de l’énergie, mais il a aussi durant des milliers d’années façonné tous les alentours. Il y a de très nombreuses coulées de laves autour et le lac Myvatn lui doit sa naissance.

Les eaux turquoises du lac Viti ? Pas pour nous !

En 1724, une nouvelle période d’activité du Krafla a déclenché l’explosion du volcan Viti. A présent son cratère est rempli d’un lac turquoise. Une image très impressionnante dans ce dessert de terre ! Le contraste étant tellement saississant ! Bon j’arrête de vous vendre trop de rêve tout de suite… Au milieu du mois de mai, le lac est encore gelé et recouvert de neige… pour la couleur turquoise on va être obligé de revenir…

Fumées et eaux chaudes de Hverarönd

Par contre, le site géothermique de Hverarönd étant lui très actif et chaud, il n’y a pas de soucis de neige pour l’observer. En effet, de nombreuses fumerolles, sources chaudes, mares de boues… Sans surprise, c’est bien la chambre magmatique du Krafla qui permet de faire remonter en surface des eaux atteignant 80-100°C ! Mais le plus amusant pour nous a été de s’amuser à se cacher dans les solfatares. Il s’agissant d’immenses fumerolles, dégageant énormément de fumées et vapeur d’eau. Autant vous dire, que ce n’est pas le genre de lieu où il fait froid. Par contre sans surprise sur le site, l’odeur d’œuf pourri dû au souffre est vraiment très présente !

Une grotte et sa source chaude, cachées sous une faille

En reprenant la route 2-3 minutes, on atteint une petite grotte le long d’une faille ! Première fois de ma vie que j’observais une telle faille. Le genre de faille qu’on voit uniquement dans les films catastrophes américains normalement…

Juste en dessous de la faille, se trouvent une petite cave, très facilement accessible. Cette grotte nommée Grjótagjá a la particularité d’être en partie remplie d’eau. Une eau très transparente dont les reflets bleutés m’empêchent pas d’observer le fond. Cette fois ce lieu doit sa formation à une éruption du volcan Hverfjall il y a 2500 ans. Un cratère sur lequel il est possible de monter pour avoir l’une des plus belles vues sur le lac Myvatn. Malheureusement nous avons dû renoncer à cause du ciel trop couvert qui nous aurait empêché de profiter pleinement du panorama.

A noter : bien que la cave de a longtemps permis de se baigner, elle est trop chaude aujourd’hui. La température étant monté jusqu’à 50°C avec les éruptions des années 1980. Elle reste aujourd’hui à 43°C. Les plus téméraires seront vite découragés de s’y baigner puisque des panneaux indique la présence de bactéries e-coli. Visiblement certains touristes en aurait fait l’amer expérience ! Pour vous baignez, choisissez les sources chaudes juste à côté. Il s’agirait d’un plus beau hotspot du pays avec le blue lagoon.

Balade dans le décor chaotique de Dimmuborgir

Quelques courtes minutes de voiture à nouveau pour rejoindre le point suivant. La traduction de Dimmuborgir est « sombres châteaux ». C’est vrai que cet amas de roches noires a de quoi faire penser penser aux ruines d’une forteresse avec ses colonnes déchiquetées, ses arches… Pourtant il n’y a jamais eu de châteaux ici ! Il y a 2300 ans un petit lac a été recouvert par une coulée de lave lors d’une éruption du Hverfjall. L’eau en ébullition a cherché donc tous les moments possibles pour s’enfuir et remonter à la surface. C’est cette fuite à tout prix qui a façonné toutes ses colonnes dans la lave qui a fini par se figer ainsi !

Mais pour ceux qui préfère laisser la part belle à l’obscurantisme, plutôt qu’à la science, sachez que plusieurs légendes ont tenté d’expliquer la formation de ce lieu. Dans la mythologie nordique, il s’agit de l’entrée vers l’Enfer. Pour la religion catholique, il y a quasi concordance puisqu’il s’agirait du lieu où Satan serait arrivé sur Terre après avoir été chassé du Ciel. Bref c’est un lieu très connu et qui alimente encore les fantasme et la culture Islandaise. Par exemple un groupe de black metal a choisi Dimmuborgir comme nom.

Le lac Myvatn : un précieux écosystème protégé

Le lac Myvatn est la troisième étendue d’eau naturelle du pays avec ses 37km². Bien qu’il soit gelé 6 mois par an, il a été le seul site habité du Nord depuis l’arrivée des Vickings au IXe siècle. Aujourd’hui, il est très intéressant notamment pour y observer des canards. Une quinzaine d’espèces y trouvent refuge aux côtés de cygnes, d’harles, de filigules… Myvatn est surnommé « lac des moucherons » car ce sont eux qui permettent de nourrir les nombreux oiseaux. L’eau étant riche en minéraux permettant la croissance d’algues à la base de cet écosystème. La zone est donc protégée depuis 2004 pour préserver cet équilibre. Toutefois, il est tout à fait possible de marcher sur les bords du lac ou de s’aventurer sur ses presque-îles pour prendre de la hauteur et profiter du panorama. J’ai vu des photos du lac en été par grand ciel bleu c’est magnifique… Malheureusement pour nous, c’était trop couvert pour en profiter pleinement. Nous avons reçu quelques flocons de neige !

Direction Akureyri en passant par la cascade Godafoss

En quittant le lac, nous prenons la route pour rejoindre une autre chute d’eau bien connue d’Islande Godafoss ! Une chute de 12 mètres de haut sur 30 mètres de large. Malheureusement le beau temps n’est toujours pas de la partie. Ceci n’empêche pas d’observer plusieurs minutes la « chute des dieux« . Elle doit son nom à un événement qui se serait passé lors de l’adoption du christianisme par un diseur de loi. En effet, il aurait jeté les idoles de l’ancienne religion nordique dans cette cascade.

Après la cascade, nous ne savons pas vraiment où aller. Encore une fois, place à l’improvisation complète. Au fil des routes et carrefours du Nord de l’Islande. Bonne nouvelle nous allons à nouveau profiter de fjords sous un grand ciel bleu ! A bientôt pour la suite !

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Mickaël Jacinto
contact@travelsandfriends.com

Voyageur régulier souhaitant partager avec vous les images et récits de ses aventures aux 4 coins du monde !

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